LE SANCTUAIRE D'ETTY MACAIRE

LE SANCTUAIRE D'ETTY MACAIRE

COUP DE GUEULE/ L’IMPRIMERIE : L’ESPIEGLE RIVALE DES EDITEURS IVOIRIENS

 

Quelle réussite d’éclat pour une maison d’édition que d’avoir une imprimerie, sa propre imprimerie ! Mais non, les éditeurs ivoiriens semblent détester cet opus de la collection consacrée au vaste panorama. Le pont est cassé. Pure psychodrame ?

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Ce monde du Livre est tout ce qui frime avec la malhonnêteté parfois électronique. Ce monde clair et vivant, où l’on croise quantité de visages, connus et inconnus, ce monde où tout a l’air calme et chimiquement bien monté, est tout : du scandale, de la polémique et de la torture à quatre étoiles. On est éditeur ou on ne l’est pas ? Quels sont les barèmes pour être appelé « éditeur » ? La question est si simple. La réponse, elle, ne l’est pas du tout. Voyons un peu, les ouvrages tirés représentent chaque année près de cent millions d’exemplaires, sans compter les centaines de millions de tracts, les brochures, les affichettes, les papillons… Et imprimer est la conclusion du travail de l’éditeur. Aussi complexe et plein d’embûches au milieu d’une répression grandissante soit-il, se lancer donc dans l’aventure de l’édition comme un nomade quelque part au milieu du désert est une pointe au midi du sacrilège.

Evidemment, ces imprimeurs sont à la fin du processus de l’édition, et sont aussi importants que les autres agents de la chaîne du Livre. Bien que parfois malhonnêtes comme l’inadvertance, maladroits aussi comme des lanceurs d’alerte, les imprimeurs ont cette gourmandise rouge de pêcher le plus gros pourcentage (30-40%, en plus du travail très souvent médiocre). Et certains vont jusqu’à bleuir les rues d’Adjamé avec des livres piratés (livres scolaires au programme, romans d’auteurs ivoiriens et étrangers), contribuant ainsi à alimenter une autre forme de voyoutisme mythique,  puisqu’ils ont gardé dans leur vieux disque dur la maquette leur envoyée par l’éditeur. L’auteur devra bien sûr se contenter des 10% calculés au mortier avec des machines qui ont subies toutes sortes de bombardements massifs. Et le reste pour le libraire et l’éditeur. Toujours est-il que le gagnant dans cette histoire, c’est bien l’imprimeur, qui rit au début et à la fin du processus.

Ne faudrait-il pas aux éditeurs, pour éviter de tomber dans ces tricheries innommables, cette magie de la malhonnêteté qui s’abat comme des obus… enfin toute la clique d’incidents chimiques, avoir leurs propres imprimeries ? Cela couterait c’est sûr tout le sel de la mer, mais, ce serait le vert dans les buissons pour auteurs et éditeurs. Cela contribuerait à inventer le combat résistant.    

 

Manchini Defela

In Le Nouveau Courrier du 23 Août 2013



29/08/2013
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