LE SANCTUAIRE D'ETTY MACAIRE

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« Jusqu’au bout de l’enfer » de Francois d’Assise N’dah : Les psaumes gris de la vie

 

Mythe, réalité ou fable ? L’on a vraisemblablement  du mal à trouver le statut exact de ce récit d’une particularité sans nom ! Les 121 pages que compte  le livre de FRANCOIS D’ASSISE N’DAH  est d’une connotation acerbe sur la question de l’existentialisme.

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 « Jusqu’au bout de l’enfer », est un titre assez fracassant, un titre susceptible d’inciter des appréhensions et des interrogations.  Le terme « Enfer » fait bien peur… à fortiori  y aller  « jusqu’au bout ». Ce jusqu’au-boutisme n’est pas du tout attractif. N’empêche, l’on est bien curieux d’en savoir plus.

« Blolo » ou encore ‘’l’eau delà’’, village situé quelque part, dans l’une de ces  savanes perdues de l’AFRIQUE  mystérieuse. C’est dans ce tréfonds africain que le couple Atcholiè donne à l’humanité la plus grande incompréhension de tous les temps. En effet, la vie vient de faire son entrée triomphale encore une fois, un enfant nous est né, joies et bonheurs au rendez-vous des parents. Mais très vite, cette ambiance festive cède l’ambon à la stupéfaction ! Certes, donner la vie est un grand mystère de l’existence mais quand celui à qui on donne la vie devient mystère, l’interrogation est  immense. YASSOUA-BLA,  « homme femme » tel est son nom. Nom déterminant de sa nature. On penserait à un hermaphrodite, mais, il n’en est rien…que cache donc cette nature qui estomaque tant ? Et bien, il s’agit  d’un être humain à la double personnalité. « De façon alternative, il devenait homme et femme » (page 23). Qu’est ce que c’est que cette nature humaine ? Certainement l’un des mystères dont seule l’AFRIQUE a le secret. Nous y découvrons dans une analyse tout faite, la dualité de l’Homme. Par ailleurs, une existence empreinte du « double », s’il n’est pas ange et démon, il est corps et âme. De plus, le plus flagrant alliage est celui de l’homme et de la femme. Découvrons-y combien ce récit décrypte dans une sagesse digne de l’AFRIQUE ancienne l’humanité dans toute son essence. YASSOUA-BLA (l’homme) la semaine d’aujourd’hui et MOAYE BLA (femme) la semaine d’après, cet être énigmatique acceptait bien sa condition, non sans chercher à y voir plus clair. Dans sa quête d’en savoir plus sur l’énigme qu’il constituait, il s’en ira pour un voyage vers l’incertain. En homme, il était beau et vaillant, en femme, elle  était d’une beauté des plus envoutantes…seulement l’heure est venue de faire un choix. Etre une femme ou un homme définitivement.  Quel sera le meilleur choix ? Notre  héros s’en ira, découvrir d’autres  cieux afin de savoir qui il doit être.

L’auteur nous transporte d’ici là dans un autre décor. Décor rouge de sang, noir de douleur, gris d’incertitude dans cette ville noyée dans la mélodie des coups de canons. YASSOUA-BLA n’y comprend rien, lui étranger  dans cette contrée, encore plus face à toute cette violence qu’il découvre pour la première fois en l’Homme. En période de conflit, la suspicion est la jumelle  des belligérants, on le sait. Notre personnage serait-il arrivé au mauvais moment ou au mauvais endroit ? Par ailleurs, sa double personnalité ne lui serait-elle pas préjudiciable ? Ne manquons pas de le souligner :  derrière ce voyage qui doit lui en dire plus sur lui, c’est surtout à la découverte de l’AMOUR, réalité incontestée de la création, que l’homme femme va. Quelqu’un a dit que l’AMOUR est aveugle, et bien notre auteur nous démontre combien au contraire il fait voir au-delà du réel, ce que nos yeux ne peuvent percevoir, ce que seul le cœur voit dans toute sa pureté et sa somptuosité ! Aimer un ami, aimer un amoureux il en a fait l’expérience ; AMOUR réparateur et révélateur de son semblable, mission accomplie mais le voyage se poursuit. Parviendra t-il à résoudre cette énigme ?  Assurément,  sa nature finale s’imposera à lui, sauf qu’il devra livrer bataille pour retrouver son double, l’ultime AMOUR. Telle une créature venue pour accomplir une mission, elle illuminera des vies sur son chemin…

IL est sage, perspicace, mélodieux… son caractère didactique le rend incontournable. Ce livre est une philosophie sur la condition interne de l’Homme, il renseigne sur la plus grande réalité de l’humanité : L’AMOUR donc DIEU qui l’est  en un mot ! C’est une plume africaniste fertile.

 

Atte Sosthène

François D’Assise N’Dah, Jusqu’au bout de l’Enfer, éditions L’Harmattan, 2014

 

In Le Nouveau Courrier du 2 mai 2014



06/05/2014
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